Tergiversations d'une herbivore à tendance sociopathe

12 janvier 2010

Ce n'est qu'un Au revoir...

Salut les gens!

En premier lieu je tenais à vous souhaiter une très belle année 2010. Tout le monde sait qu'elle sera aussi merdique que 2009 mais apparemment c'est ce que font les gens bien intentionnés! Et je veux être quelqu'un de bien intentionné... C'est ma résolution. Pour 2010.
Bref, comme vous avez pu le constater (ou non, peut-être aviez-vous mieux à faire), je ne poste plus sur ce blog. Mon inspiration s'en est allée, la garce, et donc je pense que je vais fermer cette page. Mais, mais, mais! J'ouvrirai un nouveau blog, quand je serai décidée sur le design et le titre, dont je posterai le lien ici. Ce sera un peu plus personnel, un peu plus léger aussi et je l'espère drôle. J'espère que vous me suivrez! A très bientôt.

Votre humble et dévouée Perrine!

Posté par Je_mexprime à 10:58 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


29 septembre 2009

Les enfants c'est le bonheur : FAUX!

J'ai grandi en regardant des séries télévisées telles que La petite maison dans la prairie et Dr Quinn où les femmes étaient ravies de faire des tartes aux pommes en attendant que leur mari ait terminé de couper du bois et que leurs douces têtes blondes rentrent de l'école en chantonnant.

Je sais, c'est tragique.

Encore que Dr Quinn, était plutôt révolutionnaire puisque c'est une femme médecin à la fin du XIXème siècle qui élève seule les enfants d'une amie décédée. Bon après elle rencontre Sully, l'indien sexy à la chevelure dorée, avec qui elle se mariera et aura un enfant!

Bref! Entre deux épisodes de ces séries palpitantes, mon cerveau en construction absorbait des spots publicitaires dans lesquels la famille Ricorée prenait le petit-déjeuner dans la joie et la bonne humeur.

Tout concordait pour que je construise une représentation positive de la famille! Mais bizarrement en observant autour de moi, j'avais plutôt l'impression que la famille était le lieu privilégié de toutes les petites trahisons mesquines et des tensions psychologiques! J'avais le sentiment que toute cette idée de bonheur familial n'était qu'un mythe destiné à vendre de la lessive en poudre et à garder les gens dans le rang. Un peu comme la religion.

Quand j'entends des mères de famille dire qu'elles sont comblées de bonheur, limite extatiques, ça me donne envie de hausser le sourcil et de lever les yeux au ciel : geste hautement contestataire.

Du coup, ça m'a fait plaisir quand je suis tombée sur cette étude (merci le forum "sans enfant") :

"Les couples sont dans leur période la plus heureuse dans les années qui suivent le mariage alors qu'ils anticipent impatiemment l'arrivée d'enfants, a dit le psychologue Daniel Gilbert de l'Université Harvard dans une présentation à la conférence "Happiness and its Causes" (Le bonheur et ses causes) se tenant à Sydney.

Après l'arrivée des enfants, leur bonheur
diminuerait. Il diminuerait à nouveau lorsqu'ils atteignent l'adolescence. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent adultes et s'en vont de la maison que le niveau de bonheur des parents augmenterait à nouveau.

Des recherches américaines et européennes montrent que les couples mariés sont plus heureux que les célibataires. Mais les couples mariés sont plus heureux s'ils n'ont pas d'enfants.


Des recherches aux Pays-Bas ont montré que les couples mariés avec deux enfants étaient moins heureux que ceux qui n'en avaient pas. Une autre recherche a montré que la période après la naissance d'en enfant pouvait être l'expérience la plus lourde vécue par les couples.

Comme source de plaisir, dit-il, une recherche a montré que jouer avec les enfants arrivent juste au-dessus des tâches ménagères mais en-dessous du temps passé avec des amis, à manger ou à regarder la télévision.

La plupart des parents continuent de croire que les enfants leur apportent le bonheur car ils pensent aux brefs moments de joie qu'ils apportent plutôt qu'aux longues périodes d'ennui et d'irritation, dit-il. "

Source

Personnellement je crois qu'il est trop politiquement incorrect d'assumer son ennui ou son irritation vis à vis de ses enfants. Parfois quand je parcours des forums liés à la famille (pour mes recherches je précise!) je lis souvent : "Je me sens déprimée dans ce nouveau rôle de mère. ATTTENTION j'adooooooooooooore mes enfants mais je m'ennuie, bla bla bla." Il n'est pas inutile de préciser qu'on adore ses enfants dans ce genre d'exercice parce que les autres membres ont tôt fait de vous remettre dans le droit chemin de la mère exemplaire.

J'en conclus donc que regretter d'avoir mis au monde des enfants, d'être exaspérée de s'en occuper jour après jour, d'accomplir les mêmes tâches dégradantes, d'être déprimée d'avoir une vie sociale et/ou professionnelle restreintes, est tabou. On ne doit pas en parler. Dès lors, autant changer la réalité en : "Etre mère est tellement épanouissant."

Et hop, on en finit avec la discordance cognitive...


Posté par Je_mexprime à 10:56 - Société - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

22 septembre 2009

Pourquoi je ne souhaite pas me reproduire!

Comme l'a très bien dit George Brassens, "Non les braves gens n'aiment pas que, l'on suive une autre route qu'eux"! Cette maxime s'applique aussi et surtout à la procréation!


Si vous affichez clairement votre non-intention de vous reproduire en multi-exemplaires et que par ailleurs vous êtes en couple, en parfaite santé, et si, dans le pire des cas,  vous êtes une femme vous aurez droit aux regards teintés de pitié, de condescendance et de mépris. Vous serez traitée d'égoïste, indubitablement. Quelles que soient vos motivations, vous serez vue comme une personne égocentrique, incapable de générosité. Qu'importe que vous pensiez à l'avenir de la planète, à la surpopulation, aux conditions de vie qui seront de plus en plus précaires, etc., vous êtes une saleté d' E-GO-ÏSTE.

(Les réactions sont un tout petit peu moins dures pour les hommes, vous comprenez ce sont encore eux-mêmes de grands enfants.)

Alors quitte à passer pour un être superficiel et dénué de cœur, je propose qu'à la question fatidique "Tu ne veux pas d'enfant?????????????????? Mais pourquoi????????????????" , on réponde de la manière la plus sarcastique qui soit. Généralement cela clôt un débat vain et cela met les gens mal à l'aise, ce qui constitue une petite jouissance supplémentaire!

J'ai ainsi établi une sorte de liste avec les réponses que j'aimerais formuler parfois pour mettre fin à tout harcèlement psychologique . A prendre au second voire au triple degré, bien sûr. (Je préfère préciser pour les gens dont l'humour se serait barré en vacances!)

- Je veux conserver ma santé mentale (aussi précaire soit-elle!)

- Quoi qu'on fasse, on finit toujours par être considéré comme une mauvaise mère.

- J'ai déjà du mal à m'occuper de moi.

- Je pourrais engendrer le prochain Hitler, voire pire : le successeur de Benoit XVI, qui sait .

- Si par malheur j'en venais à attendre des jumeaux, je serais obligée d'en faire tuer un (deux c'est beaucoup trop de travail) et visiblement c'est mal vu. Imaginez des triplets. En plus j'ai un tout petit congélateur.

- J'ai une peur phobique des médecins et des hôpitaux. Autant vous dire que la péridurale, l'épisiotomie et autres joyeusetés du genre j'en fais des cauchemars la nuit.

- Une fois, par inadvertance, j'ai vu la vidéo d'un accouchement. J'ai voulu me suicider au martini. Des jours et des jours pour m'en remettre...

- Je m'en frappe l'entrejambe avec un concombre d'avoir une belle peau, de beaux cheveux ou de gros seins.

- J'aime le calme et la solitude. J'aime aussi lire pendant des heures sans être dérangée.

- Je ne pourrais pas confier mon gosse à d'illustres inconnus (avec la chance que j'ai je tomberais sur des pédophiles) ; et être femme au foyer... pitié...  autant me tirer une balle dans la tête.

- Chaque tâche ménagère est un supplice, hors de question qu'on (oui LE mâle aide à la maison ) se mette à faire le ménage tous les jours sous prétexte que Bébé lèche le pavé, ou qu'on fasse des lessives à la chaîne parce qu'il est incapable de se retenir de régurgiter ou de jouer proprement.

- Pourquoi se taper Bob l'éponge et Dora l'exploratrice quand on peut regarder des séries hautement culturelles comme True Blood, Dr House ou Grey's Anatomy?

- Je suis très sensible aux odeurs. Je risquerais de vomir à chaque caca.

- Qu'est ce que je transmettrai à mes gosses si je n'ai aucun moment de temps libre pour accroître mon épanouissement culturel?

- Je ne serais pas capable de supporter un(e) ado pseudo-rebelle qui me chiera à la gueule parce que je ne lui aurais pas offert les dernières boucles d'oreille à la mode en forme de lapin trop mignon, symbole de l'industrie pornographique et de la société patriarcale (Playboy pour ceux qui n'auraient pas compris) ou les toutes nouvelles baskets "C'est-hideux-mais-ça-coute-un-bras".

- Aucune envie de me farcir les réunions parents-profs où on vous engueule parce que votre enfant fait montre d'un zeste d'anti-conformisme. En général, ils rangent ça dans la case "hyperactivité". Et devinez qui est la fautive?

- Je ne supporterais pas très longtemps les conseils du tout-venant concernant l'éducation de ma progéniture. Les mères du genre : "Tu sais, moi qui ai eu 3 enfants, je peux te dire que gna gna gna" me donnent juste envie de hurler.

- Idéalement, je voudrais que mes enfants soient végétariens, mais comme ça sort un peu trop du moule, les gens me jetteraient des regards horrifiés et des cailloux en pensant que je les tue à petit feu. Et emmener mes chers petits au zoo ou au cirque pour enrichir ceux qui se font du blé sur le dos de pauvres bêtes entassées dans des cages et entraînées à faire des numéros ridicules, non merci.

- Après les enfants, viendront les petits-enfants qu'il faudra supporter et garder dans la joie et la bonne humeur. Leur faire des gâteaux? Je n'en fais déjà pas pour moi-même.

- Je refuse d'être un boulet pour quiconque quand je serai dans un état de décrépitude avancé.

- De toutes façons on finit tous/toutes seul(e)s dans une maison de retraite, non?


Dans un prochain post je pourrirai aussi le concept du mariage!

Posté par Je_mexprime à 13:41 - Société - Commentaires [8] - Rétroliens [0]

18 septembre 2009

Le "jeunisme"

Voici une vidéo que j'ai trouvée un peu par hasard. Je trouve qu'elle est assez bien faite et qu'elle fait froid dans le dos, surtout les images de la fin. Je pense que c'est assez révélateur de ce que beaucoup de femmes vivent aujourd'hui. Et même si on a du recul par rapport aux injonctions de la société, c'est difficile d'échapper totalement à tout ça...

Posté par Je_mexprime à 20:48 - Société - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

02 septembre 2009

Sexisme au quotidien (1)

Entendu hier soir, lors d'une soirée entre amis. Un couple vient d'avoir un bébé, c'est l'attraction de la soirée évidemment, et là l'homme tout fier nous sort : "Heureusement qu'on a pas eu une pisseuse"...
J'ai failli dire "Oui c'est mieux d'avoir un bitard" pour continuer dans les platitudes affligeantes et sexistes, mais je n'en étais qu'à mon deuxième verre...

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22 juillet 2009

Totally spies

Hey, c'est les vacances les amis! Pour ceux et celles d'entre vous qui ont des enfants (personne n'est parfait), il faut trouver des occupations aux gosses. Rien n'est pire qu'un enfant qui s'ennuie. Ah si, deux enfants qui s'ennuient... ensemble...  parce que dès lors ils élaborent des plans machiavéliques pour ne plus s'ennuyer. Bref!

Peut-être allez vous les emmener au cinéma. Enfin vu le prix exorbitant des places, mieux vaut faire un choix éclairé.
Pour vous aider dans votre choix, je fais une critique (que les plus grands sociologues vont m'envier) du film Totally Spies qui est sorti hier.
J'ai vu la bande annonce à la télé. Je dois dire que ça m'a laissée... comment dire... pantoise. C'est ça, pantoise. Sur le cul même, pour être vulgaire.
Vu que ce film est destiné aux enfants (soit les citoyens de demain) mais particulièrement aux petites filles je me suis dit qu'il était intéressant d'en analyser le contenu. Evidemment je n'ai pas vu le film en entier, faut pas pousser mémé non plus..

"Totally spies" c'est donc l'histoire de 3 adolescentes qui vivent dans un quartier chic à L.A, elles sont recrutées -personne ne comprend pourquoi- par une organisation secrète pour devenir des espionnes à échelle internationale (c'est important). Encore mieux que Buffy...
Il y a une blonde, une brune, et une rousse, parce qu'il faut qu'il y ait un exemplaire de chaque, hein. Et même si apparemment elles ont une personnalité fort différente, toutes les trois aiment les (beaux) garçons, les fringues trop trendy, faire du shopping ça coule de source et bien sûr leurs super copines.

Dans cet abysse de superficialité, il y en a quand même une qui aime les mathématiques, les sciences et l'histoire (tout n'est pas perdu). J'avoue, j'ai fait quelques recherches.
Donc, leur vie est trop cool, elles sont belles, elles ont de beaux vêtements au top de la branchitude, elles vivent à Berverly Hills (ya pire comme endroit) et les garçons sont à leurs pieds (vernis)... Mais leur vie devient encore plus groovy le jour où elles deviennent espionnes.

Et là vous vous dites que c'est super des filles espionnes, ça change, c'est progressiste, non ? (ton enthousiaste)

Naïfs que vous êtes...

Déjà les nanas pour combattre le "mal", elles sont en combinaison ultra-moulante, un peu comme les Power Rangers si vous voulez une comparaison. On a connu plus pratique qu'un vêtement en lycra moulant qui vous rentre dans la raie des  fesses pour bastonner les méchants même si Superman osera peut-être vous dire le contraire (c'est sa mère qui avait fait le costume, il était cuit le malheureux).
Notons que les filles n'hésitent pas à user de leurs poings pour terrasser l'adversaire (faut être un minimum crédible quand même) mais leur préoccupation majeure à propos de la bagarre  n'est pas une hypothétique foulure, entorse, voire une méchante fracture, voire de crever tout simplement... Non ce qui  importe aux spies, c'est de froisser leur jolie coiffure. Oui. Ça les chagrinerait méchamment de ressembler à des furies hirsutes même si leur mission est accomplie. Combatives mais jamais moches...

Les missions, parlons-en. Je ne connais pas la série mais dans l'extrait du film que j'ai vu, le mal est symbolisé par un abominable ... couturier (dont la voix française n'est autre que Karl Lagerfeld).
Vous avez bien lu. Pas un affreux pédophile, un néo-nazi, ou un phallocrate qui ferait de l'abus de pouvoir. Juste un couturier, dont le dessein ultime et diabolique est d'uniformiser les gens pour en faire des robots décérébrés pourvus d'une horrible mèche blonde. Oui, je sais c'est flippant. Et au lieu d'appeler la brigade du mauvais goût capillaire, ils font appel aux spies qui débarquent avec leur préservatif en guise de vêtement et se motivent à grands renforts de "Wouah on est trop fortes les copines!"

Outre la "niaisitude" ambiante, le thème abordé me fait grincer des dents : "Eh réveillez vous les gens, ouvrez les yeux, la publicité, les médias nous poussent à être tous identiques, beaux, minces,  musclés, bronzés (mais pas trop)"  ...
Y aurait-il un message engagé dans ce film, pour dénoncer implicitement l'uniformisation de la société, le culte du corps parfait?
Hum, ce serait trop beau pour être vrai. Trop sérieux, surtout pour des petites filles.  Alors on leur sert un film d'animation où les filles sont jolies mais nunuches (l'intelligence n'excite pas les mâles), qui montre qu'on peut faire quelque chose pour la société en étant une fille à condition de ne pas oublier les vraies valeurs de la vie : faire du shopping, parler des garçons entre copines,  etc.

Posté par Je_mexprime à 16:30 - Société - Commentaires [5] - Rétroliens [0]

21 mai 2009

Féministe tant qu'il le faudra

Je me souviens qu'une fois, lorsque j'avais annoncé à un Monsieur que j'étais féministe, avec quelques réticences toutefois, il m'avait répondu en me lançant un oeil torve : "Ah bon, ça existe encore les féministes?"

J'ai été décontenancée et ne sus que répondre. Si comme moi vous êtes convaincus du bien-fondé de l'existence du féminisme mais que vous manquez parfois d'arguments devant le mépris certain de vos congénères, ceci est pour vous...


Il y a quelques jours, je découvre un site charmant sur lequel figurent des raisons d'être féministes. Je vous donne celles qui m'ont le plus interpellée ou/et amusée!

* Parce que c'est dégueulasse que, lorsqu'une femme se promène le soir et qu'il lui arrive des ennuis, si elle a le malheur d'être en jupe courte, on considère que "quand même, elle l'a un peu cherché".

* Pour que lorsqu'on est quatre copines à se promener dans une rue, il ne se trouve plus de petits malins qui nous disent "alors, mesdemoiselles, vous êtes toutes seules ?", parce que non, nous ne sommes pas toutes seules, nous sommes quatre.

* Pour que les journalistes arrêtent de se croire obligés de préciser que telle sportive de haut niveau est quand même féminine.

* Pour qu'on ne demande plus à une femme qui travaille  "Mais qui est le chef de famille dans votre foyer ?", parce qu'on n'est pas chez les scouts et qu'il n'y a pas de chef dans la famille…

* Parce que jusqu'en 1924, les femmes n'avaient pas le droit de passer le baccalauréat, que  jusqu'en 1945, elles n'avaient pas le droit de vote et que ce n'est pas si loin que ça…

* Parce qu'il est agaçant de constater que dans les contes de fées de notre enfance, ce sont toujours les jeunes filles qui espèrent et attendent le prince charmant, qui mettent leur vie entre parenthèses jusqu'à son arrivée et ce dernier ne trouve rien de mieux que de les engrosser à répétition pour les rendre heureuses. "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants…"

* Parce que, selon l'Insee, en vingt ans, les maris des Françaises qui travaillent n'ont augmenté que de 11 minutes leur temps de participation quotidienne aux tâches domestiques, passant ainsi de 54 minutes en 1975 à 75 minutes en 1995. Quant aux femmes, elles ont péniblement diminué leur temps de travil domestique  de 3h 15 à 3h 09. A ce rythme-là, l'égalité dans ce domaine serait  donc atteinte en 2075! (d'après les calculs d'Alain Braconnier,               auteur du Sexe des émotions).

* Parce dans toute société qui défend des valeurs machistes,  il y a de l'homophobie.

* Parce que les femmes qui travaillent ou font de la politique n'ont  pas à prouver qu'elles peuvent le faire, qu'elles sont aussi à leur  place, que oui, tout ça les intéresse et que oui elles y comprennent  aussi quelque chose !

* Parce que quand je lis des catalogues de jouets et que je vois une  table à repasser pour petite fille avec un commentaire qui dit  "la petite fille trouvera valorisant de faire comme sa maman", ça me fait vomir de penser qu'il y a des gens qui pensent comme ça.

* Pour qu'on puisse dire que c'est notre mec qui fait la cuisine (et la vaisselle) sans que l'entourage trouve cela scandaleux !

* Pour que, dans les films, les hommes arrêtent de prendre les femmes  par la main quand il faut courir. Une femme ne peut donc pas avancer  une jambe devant l'autre pour fuir sans la main d'un homme ?

* Parce qu' "Un gars, une fille", c'est drôle cinq minutes. (et encore)

* Parce que Margaret Mead a démontré que les différences de caractère entre hommes et femmes ne relèvent que de la culture (si bien que dans certaines cultures, les hommes font ce que font les femmes ici et vice-versa) et qu'il serait temps que le monde le sache (surtout que l'ouvrage date de 1935 pour sa version anglophone…).

* Pour que le crétin qui présente Stade 2 ne montre pas des photos sexys de Kournikova en disant " l'audience monte, l'audience est à son maximum ."

* Parce que, mis à part en Ecosse, ça choque de voir un homme en jupe.

* Parce que j'en ai marre d'entendre en France que ca ne se fait pas pour une faible femme de boire autant en soirée…

* Pour  qu'on arrête de penser que les femmes ne peuvent pas avoir de  relations sexuelles épanouies sans pénis (même  dans certains magazines gays et lesbiens).

* Pour pouvoir inventer  notre vie sans contrainte.

* Parce  que je n'ai pas envie d'habiter avec mon copain entre 20 et 25 ans,   de me marier à 25 et de faire des enfants entre 25 et 35  ans.

* Pour  qu'on puisse aller en boîte sans avoir l'impression d'être  dans un marché aux bestiaux.

* Parce que j'aime les enfants mais je veux faire autre chose.

* Parce que contrairement à ce que disent certains magasines masculins je n'ai pas de prix. C'est gratuit quand je veux et impossible quand je ne veux pas.

* Parce que je passe beaucoup de temps à m'excuser quand je parle en public

* Parce qu'il y a 2 millions de femmes victimes de violences conjugales en France (soit 1 sur 10) et que c'est beaucoup trop !

* Parce que le privé est politique, tout simplement.

* Parce que j'en ai marre d'être considérée comme un porte-monnaie sur pattes.

* Parce que les femmes catholiques ne peuvent qu'être « soeurs » et pas prêtres et encore moins s'élever dans la hiérarchie religieuse. Une femme a bien essayé d'être pape, mais, depuis, on tâte les attributs masculins pour vérifier qu'il n'y a pas tromperie sur la marchandise.

* Pour qu'il n'y ait plus d'excision.

* Pour qu'un jour, aux petits garçons qui, dans la cour de récré, leur disent : « Je sais comment on fait les bébés. », les petites filles répondent : « Moi, je sais comment on n'en a pas. »

* Parce que les chansons qu'elle a apprises à l'école racontent que Papa démarre la voiture pendant que Maman fait des confitures.

* Parce que dans les milieux professionnels masculins, la phrase la plus fréquente est "on est pas des tapettes".

* Parce que si je me balade en soirée j'aimerais qu'on évite de m'aborder d'un "Vous êtes perdue mademoiselle ?". Je ne regarde pas de tous les côtés effrayés, je ne me balade pas avec un plan de trois mètres, mais bizarrement le seul fait d'être une fille fait de moi quelqu'un de potentiellement "perdu".

* Parce que le père conduit la mariée traditionnellement à l'autel, pour la faire passer de l'autorité du père à celle du mari, et que c'est aberrant !

* Parce qu'un homme qui n'aime ni le foot, ni les voitures, ni parler de sa vie sexuelle se fait immédiatement traiter de pédé.

* Parce que le Maréchal Pétain a pu se permettre de dire : « Vous serez le réconfort de votre époux, vous serez fécondes ».

* Parce que vous le connaissez, vous, le masculin de nymphomane ??

* Pour ne plus entendre « Ah je vous jure les gonzesses » quand on n’arrive pas a enlever un ventilo de carte mère, parce que quand c'est deux gars qui luttent contre la même pièce pendant 20 minutes armés de tournevis, c'est juste « la pièce qui a un défaut de fabrication ».

* Pour qu'on arrête de demander aux lesbiennes « Qui fait l'homme ? ». Personne, ce sont des femmes toutes les deux.

* Pour que la féminité ne se mesure plus en longueur de cheveux, de jupe et hauteur de talon.

* Pour que les filles ne se retrouvent pas à genoux devant les toilettes et les doigts au fond de la gorge pour ressembler à un être idéal qui n'existe que dans l'esprit des publicitaires.

* Parce qu'on décourage les petites jeunes filles qui veulent faire des activités comme l'informatique, les sciences, les sports extrêmes, etc. en leur disant "de toute façon y-a peu de filles qui en font".  Evidemment, si on les décourage toutes !

* Parce que je vois des gamins aussi conservateurs et machistes que leurs grands-pères et ça me fait peur pour l'avenir.

Je rajoute quelques unes des miennes :

* Parce que l'une de mes copines (que j'adore néanmoins!) pense que les filles qui portent des mini-jupes sont un peu des salopes

* Parce qu'une autre écoute du rap sexiste sans voir le mal

* Parce que ma grand mère trouve qu'il  n'est pas féminin de fumer ou de dire des grossièretés!

* Parce que j'en ai ras le cul d'entendre autour de moi des poncifs affligeants tels que : les hommes ont plus de besoins sexuels, ou que les femmes savent moins bien conduire

etc etc

Posté par Je_mexprime à 20:50 - Féminisme - Commentaires [5] - Rétroliens [0]

13 mai 2009

Immersion dans les soirées entre filles

On a toutes fait l'expérience de ces soirées, où on a envie de décompresser, de s'amuser, juste entre filles. On se rend dans un bar, pour boire quelques verres, discuter de tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs.  On est là, insouciantes, un mojito à la main, toutes dents dehors, quand soudain on le voit, ses potes de beuverie autour :   les "traqueurs". On comprend tout de suite ce qui est en train de se passer, nous sommes des proies potentielles. A ce moment ils sont en train d'évaluer combien on est, dans quelle catégorie on se trouve : baisable ou pas , et surtout si on a l'air "disponibles".

A cet instant crucial il ne faut surtout pas les encourager d'un regard, même un lèvement de cil accidentel dans leur direction peut être perçu comme une invitation. Une erreur est si vite arrivée, malheureuses.

Mais parfois nos efforts désespérés pour passer inaperçue(s) restent vains... L'alcool aidant, le Mâle dans sa grande virilité se sent obligé d'attaquer sa proie. Il ne peut décemment pas rentrer tout seul.  Alors il entre dans une tentative de séduction fatale..

N'essayez pas de riposter, il se fiche de savoir que vous n'êtes pas intéressée (vous pouvez changer d'avis, c'est bien connu la femme est une créature inconstante), que vous avez déjà un mec (il n'est pas jaloux), que vous êtes lesbienne (il ne peut pas croire qu'on puisse se passer d'une bite),  ou que vous avez simplement envie de passer une soirée entre filles (ce n'est pas envisageable pour eux, les femmes sont inintéressantes).

Non. Croyez moi, passer une soirée entre filles sans être alpaguée relève de l'utopie tellement démente que même feu John Lennon (love him) vous aurait ri au nez.

Les filles, non accompagnées,  ne sont pas faites pour rester seules. L'espace social ne nous est pas destiné, rappelez-vous... Non comptant de se faire emmerder par des boulets en rut, il faut prendre l'air aimable, sourire, surtout ne pas être trop désagréable. Sinon on se fait rappeler à l'ordre. Si on est là c'est bien qu'on a envie de se faire baiser, tout  du moins draguer, sinon on serait  tranquillement chez nous, à regarder une redif de "Plus Belle La Vie" en faisant du tricot.
Donc on se doit d'être dociles. De supporter les frôlements intempestifs, les mains qui glissent comme par hasard dans votre dos, les sourires libidineux. 

Si vous vous montrez trop réticentes ou pas assez dévergondées (comprenez : pas assez chaudasses), certains peuvent se montrer agressifs ; en vous demandant par exemple ce que vous fichez là, (si, si, on a à se justifier de pas être assez démonstratives ), à essayer de vous forcer à aller danser, ou juste à vous assomer d'une diarrhée verbale en vous expliquant comme ce serait bon pour vous de vous amuser davantage (avec lui, ça va de soit).

Bref, parfois c'est tellement lourd qu'on préfèrerait vraiment regarder "Plus Belle La Vie" en faisant du tricot - Dieu sait à quel point c'est excitant - plutôt que de subir ça...

Posté par Je_mexprime à 23:29 - On rigole - Commentaires [8] - Rétroliens [0]

L'affaire Orelsan

Chers vous,
je n'écris pas beaucoup ces derniers temps, all apologies, mais je tiens néanmoins à vous faire partager mes lectures et mes découvertes heureuses (ou pas).
Aujourd'hui donc je décide de relater cet article (assez long) d'Isabelle Alonso ayant trait à l'affaire du rappeur Orelsan. Vous en avez peut-être déjà entendu parler si vous avez une sensibilité féministe !

"Le 31 mars, dans « envie de gerber » je rendais compte d’un débat sur LCI au sujet du rap d’Orelsan intitulé « sale pute » [1], dont le clip était sur Internet depuis, paraît-il, deux ans, quand il a été repéré par la blogosphère féminine. Et dénoncé comme machiste. Je faisais le point sur la tolérance ambiante quand on en vient à la violence contre les femmes. Alors que les insultes racistes, antisémites ou homophobes sont majoritairement perçues comme insupportables et justement réprimées par la loi, les insultes machistes ont largement droit de cité. Ce qui est scandaleux dans un cas devient légitime dans l’autre. Nous en sommes là.

Les paroles hyper violentes proférées par un rappeur de vingt trois ans décrivent avec complaisance et une certaine imagination dans l’horreur les différentes tortures qu’un homme trompé rêve d’infliger à la traîtresse qui l’a cocufié. A partir de là, deux camps se dessinent. Dans le premier, on estime que de telles paroles constituent une incitation à la haine. Dans le deuxième, on en appelle à la liberté d’expression, à la liberté de création, on nie tout rapport entre une chanson et la réalité. Et, au nom de ces libertés, on dénonce le recours à la « censure ». Les deux camps ne sont pas à égalité dans l’accès aux médias et au débat.

Le rap n’a pas inventé la violence. Le rap n’invente pas. Il banalise. Il glorifie. Il donne à voir, il donne à imaginer. Il légitime, il normalise. Orelsan est un simple maillon d’une très longue chaîne qui exprime et exploite une misogynie intense, systématique, répétitive aussi bien dans son imagerie que dans ses paroles. Le gangstarap et le pimp rap (pour qui l’ignorerait, « pimp » veut dire maquereau) exhibent les signes extérieurs du luxe version bad boy, clinquante et virtuelle : grosses bagnoles, chaînes en or, bijoux et, évidemment, faisant partie intégrante de la panoplie, filles en string, disponibles, offertes et supposémment ravies de l’être. Images familières, déclinées en masse, folklore juteux basé sur les frustrations des jeunes mâles pauvres, que la presse appelle « jeunes des quartiers ». Le principe, c’est que tout homme dominé socialement peut toujours se défausser en dominant à son tour les dominées absolues que sont les femmes dans le vieux deal perdante-perdante que la société nous réserve depuis toujours et qui convient parfaitement aux souteneurs d’Orelsan.

Quand un clip insulte les femmes, pas de réaction. Qu’il insulte les flics et Madame Alliot-Marie monte au créneau. Le féminin d’oncle tom, c’est tante tomate.

Sans interférer sur la « liberté de création » d’Orelsan, on doit pouvoir exercer la liberté d’expression pour analyser ses écrits et, le cas échéant, en dénoncer le message. La liberté d’expression, c’est pour tout le monde y compris pour nous. Mais ça ne se passe pas comme ça.

Suite à la tempête provoquée par la blogosphère des filles, la maison de disques du chanteur se fend d’un communiqué où il est affirmé qu’ « en aucun cas Orelsan ne se pose en agresseur de la gent féminine » Ah bon ! Celles qui se sont senties agressées par le texte (personnellement, j’ai eu envie de vomir, l’estomac en vrille, et ce n’est pas une image) commettent une regrettable erreur ! Il veut pas dire du mal, il veut juste exprimer une douleur d’homme trompé ! Faudrait voir à pas confondre avec de l’incitation à la haine ! Ça n’a rien à voir ! C’est dingue ce que certaines nanas ne comprennent rien à rien !

Le coup de l’agresseur qui, oups, l’a pas fait exprès, on nous le ressort à chaque fois. Elle est morte ? Meeerde ! Pas de ma faute, je voulais juste exprimer mon désespoir ! Ça coûte cher en vies humaines. En vies féminines, faut dire. C’est moins grave que si c’était en vraies vies, pas vrai ? La maison de disques précise dans son communiqué qu’il ne faut pas sortir une œuvre de fiction de son contexte. D’accord avec ça. Parlons-en, du contexte. Allons le voir de plus près.

Dans cet environnement il est des choses qu’on ne dit pas, qu’on ne dit plus, parce qu’elles sont non seulement devenues illégales, mais inaudibles. Rappelons aux mémoires courtes que dans les années trente, les chansons racistes, sur fond de colonialisme, et les chansons antisémites, sur fond de montée de l’extrême droite, faisaient bien rigoler tout le monde. « Ma négresse aux lèvres lippues » ou « la noce à Rebecca », c’était super marrant. Sauf, peut être, pour les Noirs et les Juifs, mais la société de l’époque s’en souciait comme d’une guigne. Dans l’Amérique de la première moitié du vingtième siècle, le consensus raciste était tel que les lynchages de Noirs étaient pris en photo et diffusé en cartes postales (« chers parents, je suis le troisième à droite du dernier rang, sous la flèche… »), lyncheurs à visage découvert jamais inquiétés. Le rapport ? Très simple : une violence sociale institutionnalisée ne peut être combattue qu’à partir du moment où on accepte d’en prendre conscience. Autrement, le massacre continue dans le déni et l’aveuglement.

Massacre ? Pour prendre la mesure du phénomène, dont on commence seulement à parler, il faut l’appréhender dans la durée. Depuis des décennies, des siècles, depuis toujours, des millions de femmes battues à mort, blessées, mutilées par leur compagnon. Des millions de femmes violées, tout le temps, chez elles, dehors, par des inconnus, par le compagnon, par un membre de la famille. En temps de guerre comme en temps de paix. Ça continue. J’exagère ? Non. Il y a sur le sujet des enquêtes, des livres, des chiffres, des témoignages. Irréfutables. Les media découvrirent, à l’occasion du conflit yougoslave, il y a quinze ans, le viol comme arme idéologique. Et s’en scandalisèrent. Sauf que le viol comme arme de guerre, c’est aussi vieux que la guerre elle-même. Et en temps de paix, aujourd’hui, ici, la violence contre les femmes ne connaît ni pause ni répit. Ceux qui en doutent peuvent aller faire un tour aux services d’urgence des hôpitaux. Et à la morgue. Cent mortes par an. Mais faut pas le dire ! Ça fait victimiste, ça fait pénible, jérémiades et compagnie. On sent qu’on lasse l’auditoire, pfff, t’as rien de nouveau à raconter, parce que bon, là, on sature… Pourtant, cette même violence sert de fond et de prétexte à d’innombrables films, épisodes de séries, articles, reportages, non pas en tant que phénomène à combattre, mais en tant que matière première. Comme si les femmes, parmi tant d’autres fonctions réifiantes, avaient aussi celle de réservoir, de batterie pour fournir en énergie la créativité, l’imaginaire et les fantasmes ambiants. Le serial killer est devenu le héros récurrent de tant de fictions que les vrais en deviennent culte. Est-il besoin de rappeler que le serial killer le plus fréquent est un homme tuant des femmes. Mais toute cette fiction, inspirée par le réel, n’aurait en retour aucune influence sur lui. Bizarre autant qu’étrange, non ? C’est pourtant l’antienne qu’on répète chaque fois que des femmes se révoltent contre la haine.

Le déni se perpétue, en prenant des formes nouvelles. On est sorti du silence total pour entrer dans le révisionnisme permanent. La façon dont on en parle permet à la violence de croître et embellir sur fond d’avancée des droits des femmes, comme si elles devaient payer cash pour leur autonomie. Un consensus social incontesté planque, comme de la poussière sous un tapis, la complaisance pour les agresseurs derrière la vie privée (va savoir ce qui s’est vraiment passé, c’est une parole contre une autre), la liberté d’expression ( attention à la censure ! gare à l’ordre moral ! au puritanisme !), le fatalisme (on n’y peut rien, ça a toujours existé, c’est la nature humaine), la pathologie ( faut être malade pour faire ça !), et, bien sûr, la culpabilisation des victimes (le serial killer dépeceur de gamines avait une mère abusive…). Plus les femmes deviennent autonomes et maîtresses de leur destin, plus elles disposent de la liberté de choisir leur vie, et plus l’agressivité à leur encontre s’exacerbe. La violence s’en trouve t-elle augmentée ? Probablement pas la violence physique (je n’ose même pas imaginer la vie des femmes dans les pays où elles n’ont aucun autre droit que celui de prendre des mandales et faire des gosses), mais à coup sûr la violence symbolique et les processus d’intimidation.

La violence contre les femmes, en tant que phénomène collectif prenant des formes très variées est un non-sujet pour l’idéologie dominante. Ça n’existe pas. Le 17 avril 2009, sur LCI, le débat Ferry-Julliard, animé par Jean François Rabilloud, aborde la question du rap d’Orelsan et du projet législatif éventuel de Valérie Létard. Les débatteurs commencent par constater la gravité des paroles de la chanson, leur violence, puis par affirmer que pour autant, ajouter un texte de plus à la loi, pitié, ne servirait à rien. Ensuite, ils déplorent la montée des communautarismes. Ok sur ce point. Puis ils affirment que les femmes ne forment ni une minorité, ni une communauté. Ok aussi. À partir le là, si j’étais sur le plateau, j’embrayerais direct sur le fait que la moitié féminine de la population subit une violence spécifique qu’il s’agit de combattre d’abord en en reconnaissant l’existence. Orelsan et son rap haineux ne constituent qu’un infime composant d’un monstrueux patchwork dont, entre autres, l’esprit même de l’arsenal législatif constitue la trame. Mais sur le plateau, comme souvent, des hommes d’âge mûr représentent, en toute neutralité bien entendu, le monde qui pense… Et donc, le débat, alors même qu’il vient d’être affirmé que les femmes ne constituent pas une communauté, prend la rocade « communautarisme », et les femmes disparaissent du sujet même qui leur était consacré au profit des chrétiens, des musulmans, etc…. Rabilloud revient brièvement sur la chanson, et demande quand même à Ferry, père de deux fillettes, quel en serait l’effet sur elles ? Le père répond : « Elles savent que ce n’est pas bien ». Emballez, c’est pesé. « Pas bien » ! « Je vais te foutre en cloque et t’avorter à l’Opinel, sale pute » c’est « pas bien ». Suffit de le savoir, c’est papa qui le dit. C’est tout ce qu’il a à dire, papa, sur le sujet. C’est pas bien d’avorter une femme à l’Opinel. Merci papa, pour le renseignement. Il faudra que les petites aillent chercher ailleurs qu’auprès de leur père la compréhension du monde dans lequel elles vivent et les codes de survie qui sont les nôtres. Parce que nous, la violence, on vit dedans.

Les défenseurs d’Orelsan n’ont pas tardé à se faire entendre. En reprenant tous les bons vieux mécanismes. Manque pas un bouton de guêtre à la réthorique machiste.

- c’est une fiction, aucun rapport avec la réalité.
- c’est du second degré
- ça parle d’un mec furieux parce que sa femme le trompe, ça peut se comprendre.
- on ne saurait réduire un chanteur à une seule chanson.
- il a écrit sous l’empire de la boisson, de la passion, de la fureur…
- il a droit à sa liberté d’expression
- à sa liberté de création
- il n’a jamais voulu agresser les femmes
- ce texte est vieux de deux ans
- d’autres textes ne valent pas mieux.

Si ça c’est pas des excuses, si c’est pas des explications alors merde, où on va ? Si un mec peut plus exprimer ses états d’âme… Aucun de ces arguments ne s’appliquerait à quiconque aurait écrit l’équivalent au sujet des Noirs des Arabes, des Juifs ou des homos. La proximité avec la cible des menaces (le texte s’adresse à la femme dont l’auteur a été amoureux !) est considérée comme une circonstance atténuante, alors qu’elle devrait de toute évidence elle être considérée comme aggravante. Notre culture, si raffinée, si évoluée et si égalitaire repose encore sur de très archaïques rapports de force directement physiques. Seule la peur des représailles fait évoluer non pas les mentalités, la barbarie est toujours là, mais le passage à l’acte. A ce jeu là, nous ne sommes pas adaptées.

Quant à celles qui ont eu l’outrecuidance de se déclarer heurtées, de s’être senties agressées et de protester, voilà pour elles un petit stock d’accusations, en vrac : mères la pudeur, flicardes, censeuses profitant de l’occasion pour se faire de la pub perso, partisanes de l’ordre moral qui ne comprennent rien au rap, ne comprennent rien aux jeunes, méprisent les banlieues... Bla, bla, bla, la rengaine ne change pas, n’évolue pas. On l’entend depuis des années.

J’ai la chance de disposer d’une tribune dans Siné hebdo. J’en profite et leur envoie un papier intitulé : « SALE NÈGRE ? RACISTE ! SALE PUTE ? ARTISTE ! »

Moi, tout ce que je veux, c’est comprendre.

Quand un jeune rappeur compensant son manque de talent par la provoque, chante « sale pute, je veux qu’tu tombes enceinte et que tu perdes l’enfant, j’veux te mettre en cloque et t’avorter à l’opinel », il est invité au Printemps de Bourges. Il s’appelle Orelsan, on le présente dans les média comme une « bombe dans le rap français » et c’est un compliment.

Si on écrit « sale juif, j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir » c’est la levée de boucliers assurée. Orelsan chante : « sale pute… j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir » c’est de la licence poétique.

Si on chante « sale pédé, t’es juste bon a t’faire péter le rectum » c’est un scandale. Orelsan chante : « sale pute… t’es juste bonne a t’faire péter le rectum », c’est du second degré.

Si on chante : « sale nègre, tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire » c’est de l’incitation à la haine. Orelsan chante : « sale pute… tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire » c’est de la liberté d’expression.

Deux poids deux mesures ? Réactions à géométrie variable en fonction de la cible ? D’un côté une sensibilité à fleur de peau qui frise dans certains cas le ridicule, comme pour Elie Domota, le leader guadeloupéen dont je parlais dans ma chronique de la semaine dernière. De l’autre, un déni sur des appels caractérisés à la violence, au meurtre. La haine des femmes serait moins grave que les autres ? Je ne comprends pas. »

Je reçois un coup de fil de la rédaction. Puis un deuxième. Puis un troisième. Mon interlocuteur est un homme tout à fait charmant, sincère, il n’a rien d’un sale type, au contraire. Il a une sensibilité très représentative de l’opinion générale. Mon papier le gêne. Il trouve que je me fourvoie, que je généralise hâtivement, que les paroles ne sont représentatives de rien. Je ne dois pas y voir un texte misogyne, mais juste la colère d’un homme trompé. Je démonte, argument par argument, je suis rompue à l’exercice. A un moment, il me dit qu’il craint que je n’apparaisse comme anti-mecs. J’hallucine d’autant plus qu’il est de bonne foi, porté par un courant idéologique tellement dominant qu’il n’en a pas conscience. A aucun moment le mot censure n’est prononcé. A aucun moment on ne me demande explicitement de changer mon texte. Au terme des trois conversations, je propose moi-même d’atténuer mon papier. J’envoie une version un peu différente, retravaillée, intitulée plus softement « PRINTEMPS POURRI ». Il sera publié dans le n° 30 :

« Un jeune rappeur compensant son manque de talent par la provoque, chante « sale pute, je veux qu’tu tombes enceinte et que tu perdes l’enfant, j’veux te mettre en cloque et t’avorter à l’opinel ». Il s’appelle Orelsan, on le présente dans les média comme une « bombe dans le rap français » et c’est un compliment. Il est invité au Printemps de Bourges.

Si on écrivait « sale juif, j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir » la levée de boucliers serait immédiate. Orelsan chante : « sale pute… j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir ». Au printemps, ça passe pour des paroles en l’air.

Si on chantait « sale pédé, t’es juste bon a t’faire péter le rectum » ça ferait scandale. Orelsan chante : « sale pute… t’es juste bonne a t’faire péter le rectum ». Pour le printemps, c’est du second degré.

Si on chantait : « sale nègre, tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire » ça serait de l’incitation à la haine. Orelsan chante : « sale pute… tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire ». C’est la liberté d’expression du printemps.

Les organisateurs du Printemps de Bourges assurent qu’il ne chantera pas cette chanson-là. Mais il reste invité. Il s’est fait de la pub à moindres frais. Tout bénéf pour lui, tout bénéf pour les organisateurs. Pendant ce temps là, la violence continue. Aucun rapport ? Soit il n’y a aucun rapport entre la violence verbale et la violence tout court, et dans ce cas il faut faire disparaître de la loi la notion même d’incitation à la haine. Soit il y en a un, et la loi doit s’appliquer quelle que soit la cible de cette haine. Autrement c’est deux poids deux mesures. Et un sens de la justice à géométrie variable ».

La deuxième version est meilleure dans sa conclusion, donc je ne regrette pas. Mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans une simple nuance, qu’en experte de la navigation contre le vent, j’ai appris à appliquer en cas de problème : prendre bien soin d’éviter une possible interprétation « anti-mecs ». Péché ultime, par les temps qui courent ! En mettant en cause le « Printemps de Bourges », je ne cible pas la société toute entière dans son machisme indécrottable, je remet en cause UNE initiative d’UNE instance organisatrice. Je tente de transmettre le message en passant entre les gouttes. Comme ça on pourra dire « Alonso a pas l’air de kiffer le printemps de Bourges », ce qui passera toujours mieux que « y’a une hystérique censeuse anti-mecs planquée chez les chroniqueurs de Siné-hebdo » parce que ça, ça serait juste pas assumable…

Le lendemain du débat intra-siné, je reçois en copie le mail suivant, signé Delfeil de Ton et qui me semble bien résumer la confusion, dès qu’il s’agit des femmes. Comme si les capacités analytiques et critiques se dissolvaient dans le chromosome Y : « Bonjour à tous. C’est au sujet de la chanson du rappeur contre la fille qui l’a trahie. Ne pas tomber dans le piège de s’en prendre à lui, surtout. Cette affaire ressemble à l’affaire Siné. Ce type fait une chanson où il voue aux gémonies et même à l’enfer proprement dit (voir brûler ton âme dans les flammes) la fille qu’il a idéalisée et qu’il n’imagine plus qu’en train de pomper la terre entière. Sous prétexte que des imbéciles peuvent prendre ses imprécations au premier degré, voilà toute la troupe des censeurs de France qui veut jusqu’à lui interdire de chanter même d’autres chansons. C’est pareil qu’avec Siné : ses propos peuvent être mal compris, donc Siné est un salaud et il faut l’exclure » Delfeil trouve que « Cette affaire ressemble à l’affaire Siné » et qu’elle met sur le même plan la phrase de Siné au sujet du fiston Sarkozy : « conversion au judaïsme pour épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty…/…Il fera du chemin dans la vie ce petit » et le texte du rappeur qui promet des tortures à celle qui a eu l’outrecuidance de rouler une pelle à un autre mec. On croit rêver.

Anaïs, chanteuse, auteure-compositrice-interprète bourrée de talent, se solidarise avec Orelsan : « Personne ne m’a jamais reproché tout ce que l’on reproche à Orelsan lorsque j’ai fait ma chanson "Christina"... Si Orelsan déclenche autant de polémique, je pense que c’est parce que justement, ça a l’air trop vrai. Et si son talent était là ? » Dans « Christina », elle chante : « Oh l’enfoiré m’annoncer ça comme ça de but en blanc J’ sais même pas qui c’est cette foutue Christina cette pute en blanc... Une infirmière nan mais j’ te jure Bah faut qu’on t’opère ça c’est sûr Je verrais bien une ablation Sans tes couilles tu sera p’tête moins con... Oh j’ai du rimmel plein les yeux Et en plus y pleut... »

Sans être un caïd de la littérature comparée, on peut constater que ça n’a juste rien à voir. Que je sache, les statistiques de mecs amputés de la couille par leur gonzesse sont aussi vides qu’une tête de rappeur. Mais bon. Il est des circonstances où il faut se ranger du côté du plus fort. Je comprends, mais ça déçoit la fan de la première heure qui écrit ces lignes.

François Bayrou lui même estime que ce texte est dans la passion plus que dans la violence. Pensez-y le jour où vous votez.

Dans le numéro de 35 de Siné Hebdo, un dénommé Bernard Joubert signe un papier, dont se désolidarise la rédaction (merci !) intitulé « Le féminisme flicard ». Il ironise (quel talent !) sur ces affreuses femmes qui tentent depuis longtemps (sans y parvenir, dans une Assemblée à 80% masculine encore aujourd’hui, précisons-le) d’inclure dans les textes de loi contre l’incitation à la haine, au même titre que le racisme et l’antisémitisme, le machisme. Ça lui paraît aberrant. Il a l’humanisme sélectif et le sens du maintien des privilèges…

Dans les procès pour viol collectif, aujourd’hui, il arrive très souvent que des ados violeurs ne comprennent pas au juste ce qu’on leur reproche. Abreuvés de pornographie et de rap violent, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils infligent à leurs victimes. Et ils s’en foutent. En fait, la société toute entière s’en fout. Et refuse de voir la moindre courroie de transmission entre la production "culturelle" et la vie des gens.

L’accès au corps des femmes est un très vieux droit de l’homme. Les saccages et dommages collatéraux, même les intellos les plus irréprochables les assument sans états d’âme. Ça leur fait pas mal, à eux. Et les empêcheuses d’abuser en rond se retrouvent en position d’accusées. Vilaines adeptes de la censure.

En attendant, Orelsan, champion de la liberté d’expression quand c’est la sienne, ne perd pas le nord et s’occupe de celle des autres. Ses avocats mettent en demeure « d’interrompre immédiatement toutes [leurs] actions de nature à porter atteinte au bon déroulement de la carrière d’OrelSan » les associations qui en toute non-violence, ont osé faire des sit-in devant les concerts pour dialoguer avec le public. Qui le sait ? Qui l’accuse d’exercer la censure ? C’est pourtant ce qu’il fait, sans hésiter.

C’est dans ce genre d’affaire qu’apparaît de manière la plus crue et la plus cynique le déséquilibre des forces entre hommes et femmes. Les média sont sous contrôle exclusif masculin. Les femmes mises en accusation, moquées, caricaturées, sommées de se justifier, (Létard et Albanel poussées dans leur retranchement, assurant que non, trois fois non, elles ne sont pas pour la censure, quelle pitié…). C’est bien la parole des femmes qui est censurée en permanence par la bien-pensance dominante, n’en déplaise aux gémissants défenseurs de la liberté d’insulter et d’humilier publiquement.

iA !"

               

[1] Sale pute j’deteste les p’tites putes genre Paris Hilton les meufs qui sucent des queues d’la taille de celle de Lexington t’es juste bonne a t’faire peter le rectum meme si tu disais des trucs intelligents, t’aurais l’air conne j’te deteste, j’veux que tu creves lentement j’veux qu’tu tombes enceinte et qu’tu perdes l’enfant les histoires d’amour, ca commence bien, ca finit mal avant je t’aimais, maintenant j’reve de t’voir imprimé de mes empreintes digitales t’es juste une putain d’avaleuse de sabre, une sale catin un sale tapin, tous ces mots doux c’etait qu’du barratin on s’tenait par la main, on s’enlacait, on s’embrassait on verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée on verra comment tu suces quand j’te déboiterais la machoire t’es juste une truie, tu merites ta place a l’abbatoir t’es juste un démon déguisé en femme, je dois briser en larmes je dois rendre l’ame, je dois retourner bruler dans les flammes

Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute

j’deteste les sales trainées comme Marjolaine les p’tites chiennes, les chichiteuses, les filles a problèmes j’rêve de la penetrer pour lui dechirer l’abdomen j’t’emmenerais a l’hotel, j’te ferais tourner dans ma villa romaine tu suces pour du liquide, tu t’casses a marée basse pétasse.. tu meriterais seulement d’attraper le dass le seul liquide que j’t’ai donné, c’est mon sperme si j’te casse un bras, consideres qu’on s’est quitté en bon terme je t’aime.. j’ai la haine, j’te souhaite tous les malheurs du monde j’veux qu’tu sentes la chaleur d’une bombe, j’veux plus jamais qu’tu me trompes j’etais trop fidele (sale pute) j’ai les nerfs en pelote (sale pute) j’vais lui mettre en cloque (sale pute) et t’avorter a l’opinel (ouais mais c’est de ta faute, t’etais jamais la pour moi) je m’en bats les couilles c’etait la faute a qui je te cognerais contre un radiateur en chantant Tostaky j’veux qu’tu pleures tous les soirs quand tu t’endors parce que t’es du meme accabit qu’la pute qu’a ouvert la boite de Pandore

Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute

j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir bébé j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir bébé

            

Posté par Je_mexprime à 20:14 - Féminisme - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

02 mai 2009

Grippe porcine

"Grippe porcine  : et si on parlait du fond  ?

                     

    Loin de moi l’idée dans cet article de parler uniquement de pandémie, de risque pour l’humanité ou autre. Pas que je ne pense pas que cela ne puisse se produire, mais plus parce que je préfère attendre de voir évoluer les choses avant de hurler avec les laboratoires pharmaceutiques.

 

Je préfère m’interroger sur les décès et la propagation.

 

Drame humain que la perte de personnes liée à une grippe. On parle de pas loin de 200 personnes à priori. Le problème se situe dans le fait que l’on meurt au Mexique et pas ailleurs. L’explication est assez simple : l’accès à la nourriture, aux soins et à la santé.

 

Car, et cela est démontré par le fait que le même virus impact d’un côté et de l’autre de la frontière, soit aux USA* et au Mexique, il n’est mortel que dans la « partie pauvre » du Mexique. Et pas n’importe laquelle : celle où l’industrie industrielle du porc a été mise en surexploitation pour couvrir le marché américain (du nord) et européen à moindre coût.

 

C’est bien une fois de plus un drame de la concentration animale en vue du profit maximal et de la pauvreté. Tout comme la grippe aviaire.

 

Cette logique d’industrialisation du monde et de la course aux prix toujours plus bas (surtout par pression sociale et maintien des salaires au plus bas) entraîne une course au moins disant environnemental et sanitaire. Tirer sur les coûts à finalement un prix …

 

En concentrant les animaux dans des exploitations indignes de l’humanité dont nous nous réclamons, nous ne faisons qu’aggraver le risque de pandémie animale, et donc de pandémie humaine. C’est cela qui entraîne des phénomènes comme celui que nous vivons aujourd’hui.

 

Ajoutons à cela la désorganisation voulue des systèmes de santé et d’éducation des pays pauvres (merci le FMI à qui l’on vient de donner 1000 milliards pour jouer encore un peu), cela commence à donner les bases solides d’une véritable poudrière virale. Les manques d’accès aux soins et à l’hygiène facilitent la propagation, voir la rendent encore plus rapide.

 

Au lieu de faire le procès des inégalités de traitement de l’humanité, nos chers penseurs de l’économie mondiale font aujourd’hui une sorte de « haro sur le cochon » et donc une mise en accusation du Mexique. Mais n’est ce pas un peu risible de se dire que d’un côté la situation mexicaine est voulue, pensée et que de l’autre, quand elle devient dérangeante, elle serait le fait des éleveurs mexicains uniquement !

 

Sans réel système de santé pour tous, sans une réflexion plus poussée sur nos modes d’élevages animaliers, sans une réelle remise en question des régimes alimentaires des pays riches, nous allons vers la mise en danger de tous, non pas seulement par un risque de pandémie, mais aussi par la déshumanisation constante et l’abomination sociale.

 

Il est temps de poser le problème pour le résoudre à la source plutôt que de chercher une solution palliative mais inadéquate.

*le 28/04 - 20 cas détectés sans décès (AFP)"

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Posté par Je_mexprime à 17:59 - Société - Commentaires [0] - Rétroliens [0]