Tergiversations d'une herbivore à tendance sociopathe

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29 août 2008

No Kid

Aujourd'hui j'ai reçu les livres que j'avais commandés. Parmi eux "No kid, 40 raisons de ne pas avoir d'enfant", de Corinne Maier. Un petit livre de poche qui se lit très facilement, qui se révèle assez jouissif , qui a le mérite de distraire et qui en même temps comporte certaines analyses fines de notre société contemporaine.

Je vous fais profiter de quelques extraits, ceux que j'ai jugés comme étant les plus intéressants ou les plus amusants
:

"Français, on se moque de vous. On vous fait croire que le bonheur est à portée de vos ventres dans un pays mortellement ennuyeux et moralisateur dont les deux mamelles sont le travail et la famille. La réalité c'est que plus votre fécondité augmente, moins vous êtes nombreux à vous déclarer heureux. Ouvrez vos yeux, vos enfants seront des baby-loosers, promis au chômage, aux boulots précaires ou déclassés, à la condition de simple ressource humaine. Ils auront une vie encore moins rigolote que la vôtre, et ce n'est pas peu dire. Non, vos merveilleux bébés n'ont aucun avenir, car chaque enfant né dans un pays développé est un désastre écologique pour la planète toute entière. Et vous, vous allez trimer pendant vingt ans pour les "élever". L'éducation des enfants est devenue un sacerdoce, la société exigeant des parents modernes des performances dignes de Superman ou de Superwoman. Toujours disponible, souriant, attentif, pédagogue et responsable, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour assurer le "bonheur" et l'"épanouissement" de ses mômes?
Devenir parent, c'est être prêt à sacrifier tout le reste. Couple, loisirs, vie sexuelle, amis, et réussite sociale si vous êtes une femme. Tout ça pour ça, franchement,  est-ce que ça vaut la peine?"

"La famille est sous la surveillance d'un Etat thérapeutique qui la soumet à un contrôle ininterrompu. Ces gens sont là pour vous casser les pieds, comme ceux qui prétendent vous aider. Ils sont là aussi pour vous permettre de savoir ce que la société attend de vous, parents et, elle attend beaucoup. Elle attend tellement qu'il va bientôt falloir retourner à l'école pour apprendre le métier. [...] Il est important que vous soyez des alter ego vertueux, concernés par le bien être de leur enfant et son respect des valeurs morales. Que vous soyez équilibrés et responsables. Posés et pédagogues. Ouverts d'esprit et capables de stimuler la curiosité de l'enfant. Tout et son contraire - n'importe quoi et son complément. Le but? Un enfant "structuré" c'est à dire bien tenu en laisse. L'idéal : un enfant "cadré" qui "comprend les limites", traduction : rendu suffisamment obéissant par ses géniteurs pour être maniable par les autres."


"Aujourd'hui, promettre le bonheur à un enfant est la preuve d'une mauvaise foi caractérisée. Je ne vais pas vous faire un petit couplet sur l'état de la planète, mais il n'y a pas là de quoi se réjouir. Trou dans la couche d'ozone, réchauffement climatique, ressources maritimes et forestières surexploitées, nous voilà bien. Et surtout vous voilà bien, vous les générations futures, car c'est vous qui allez payer l'addition. On vous refile un bâton merdeux, débrouillez vous avec, et dites merci : vos parents ont tout fait pour que vous soyez heureux. Certes, ils n'ont pas essayé de changer le monde : ils étaient trop préoccupés à changer vos couches."


"L'enfant va passer le plus clair de son temps à l'école. Cela le "socialise", disent les parents, ce qui signifie que c'est bon pour lui même s'il n'apprend rien, au moins il joue avec ses copains. [...] L'école est un lieu de dressage et d'endoctrinement. Elle est calibrée pour les Français moyens, ni trop brillants ni trop abrutis, et conformes au modèle. Ceux qui sont bien dans le moule, qui apprennent à lire l'année où on leur dit d'apprendre à lire, et pas l'année d'après. Ceux qui acceptent de faire des exercices stupides sans demander pourquoi. L'école est très normative. Elle sert à formater les gens pour le travail, une routine qui n'exige pas de compétences techniques ou intellectuelles particulières. La société industrielle exige un peuple abruti, résigné à effectuer un travail sans intérêt et à ne chercher satisfaction que dans les heures consacrées aux loisirs. L'école en est une merveilleuse antichambre."


"Toujours content, gai, souriant. Même quand il pleut, quand on subit les brimades de ses collègues ou quand votre oncle préféré vient de mourir. [...] On répète aux parents qu'ils doivent "éveiller" leur enfant dès son plus jeune âge . Il convient de converser avec lui, de s'exclamer "bravo"  quand il babille, de le faire jouer, de lui lire des livres dès le plus jeune âge, de lui chanter des chansons en faisant "ainsi font" avec les mains, de transformer le temps du repas "en un moment convivial et agréable", d'exprimer de la joie et de l'intérêt devant la résonance d'un rot, le contenu d'une couche. Pour réussir une telle performance  tous les jours, il faut soit être idiot, soit se gaver de Prozac. Voir ses parents faire les guignols à longueur de journée rend-il les enfants intelligents? J'ai des doutes. Peut-être cela les rend-il complètement stupides."

"La malédiction des parents, c'est l'enfant hyperactif, une maladie d'invention récente. Il y a quelques années, c'était juste un casse-couille. Son réveil biologique sonne en trompette à l'aube, durant la journée il enchaîne bêtise sur bêtise, il parle sans cesse et hurle à la moindre contrariété. L'enfant hyperactif inquiète d'autant plus...qu'il est difficile à différencier d'un autre. Il est comme l'enfant contemporain mais pire. Juste pire. C'est le "juste" qui rend la situation insupportable. Certains enfants cumulent les tares : au grand tirage au sort des gamètes, vous risquez de vous retrouver avec un obèse hyperactif."

"Le système a besoin d'individus sans histoire, sans identité dense ou fixe, vivant dans un présent en miettes. Votre gamin, futur "sans-emploi", vivra au jour le jour une vie sans idéal, sans projet ni rêve autre que celui de "s'intégrer". Sécurité, certitude, maîtrise de sa propre vie , il oubliera jusqu'au sens de ces mots. Il n'aura plus aucune raison d'être là. Vite, toujours plus vite, à la poubelle. Il sera à l'image de son mode de vie, où rien n'est destiné à durer, et où les objets utiles et indispensables d'aujourd'hui sont les rebuts de demain. Dans l'incertitude du lendemain, dans langoisse de l'avenir, il se verra obligé de se débrouiller sans connaître les règles imprécises d'une société qui les brouille exprès. Il n'y a plus de mode d'emploi pour celui qui veut y tracer sa route : si vous avez des enfants, vous n'aurez rien à leur transmettre, aucune recette, aucun how to qui vaille. Pas étonnant qu le nombre de jeunes adultes souffrant de dépression ait doublé en douze ans. De Gaulle disait que la vieillesse était un nauffrage, aujourd'hui c'est la jeunesse qui en est un."

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26 août 2008

Foresti et Zemmour chez Ruquier

clash foresti vs zemmour chez ruquier
Vidéo envoyée par SnipSnik-Production

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24 août 2008

Les règles du jeu ont changé (un peu!)

Je suis dans ma période pub en ce  moment! Celle-ci promeut le site de rencontre Meetic. Bien que je trouve que ce site ressemble un peu à la foire à la saucisse, la pub (qui n'est pas non plus révolutionnaire) est amusante. Allez, regardez!

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Belle leçon d'ouverture d'esprit!

Quelques petits commentaires plein de tolérance et d'intelligence glanés sur un forum où le thème de discussion était le végétarisme : 

"Sans viande, pas d'humanité intelligente.
Et pour avoir fréquenter pas mal de végétariennes, mon expérience personnelle peut confirmer cela avec un haut niveau de certitude. Car aucune n'était une lumière, c'est le moins que l'on puisse dire. 
Que voulez-vous donc les végétariens? Nous faire revenir au stade de bouffeur de noix décérébré? Mettre fin à l'intelligence humaine? Détruire la civilisation? C'est ça?" Je me demande ce qu'auraient pensé Einstein, Platon, Sénèque, Newton, Leonard De Vinci, Bouddha, Gandhi, etc si on les avait accusés de vouloir mettre fin à l'intelligence humaine!

"Par contre mes gosses, lorsque j’en aurai, mangeront de gré ou de force des protéines et des phospholipides d’origine animale, du boudin et du foie aussi, parce que vous pouvez les gaver de lentilles, de pain complet et de steak de soja tant que vous voulez, pour ce qui est de ces ressources là et surtout des ressources en fer et en magnésium dans l’alimentation, il n’y a pas mieux que le sang." Mmmmmmh les graisses animales, tellement bonnes pour la santé!

"C'est clair que si les végétariens se rendaient compte du nombre d'animaux qu'il faut génocider pour faire pousser une malheureuse salade, sur que l'argument du respect de la vie animale leur écorcherait un minimum la bouche."  Réflexion débile. On évite ce qu'on peut éviter. Point.

"Hitler était végétarien, donc on peut être tres tres méchant ET ne manger que des salades." Hitler n'était pas tout à fait végétarien, et s'il évitait de manger certaines viandes ce n'est pas par respect de la vie (on sait qu'il n'en avait aucun) mais pour des raisons de santé.

"Einstein était végétarien. C'est bien pour ça que les théories de la relativité restreinte et générale sont un peu simplistes...Tu ne trouves pas?" Ah bein oui, c'était vraiment une bite cet Albert. D'ailleurs, toi qui manges de la viande et qui est si intelligent tu as du pondre une théorie en physique,non?

"Perso, je vois un peu les végétariens comme des intégristes de la nourriture." Oui, végétarien = Al Kaïda de la bouffe

"Végétarien c'est ridicule !!!!
Pensez-vous à la souffrance des légumes ? Après tout ce sont des êtres vivants aussi ! Non mais franchement, vous connaissez la chaine alimentaire ? Eh bien l'homme doit manger des légumes des poissons ET de la viande ! De même  que certains animaux mangeur d'hommes eux ne se posent pas la question de savoir si vous souffrez ou non l'essentiel c'est de se nourrir !!! Donc MORTS AUX VEGETARIENS !!!!" Je ne préfère pas commenter, ce serait trop long!

"Enfin bon, soit les bêtes soufrent, mais rien ne veau un bon bout de steak ou une tranche de jambon.
Sur ce, je vais allé faire des courses." Le monde va mal mais bon c'est la vie, allez reprends du saucisson, tu peux jeter l'emballage par terre aussi, au point où on en est.

"Tiens mais j' y pense : quand j' étais petit, pour qe je devienne un grand gamin en pleine forme et résistant aux microbes, ma mere me faisait manger, 2 ou 3 fois par mois un steak de cheval et du foie de je sais plus quoi.....30 ans plus tard, jamais malade le gamin, sait pas ce que c' est qu' une grippe ou quoi que ce soit......merci maman" Oui, c'est sans doute l'unique raison pour laquelle tu es en bonne santé! N'évoquons surtout pas d' autres facteurs ce serait totalement inutile.

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Fausse pu(te)b

Ceci est une fausse pub pour la célèbre marque de montres Rolex, du moins je l'espère vivement, parce que là on touche le fond...

rolex

Le message pas vraiment codé étant qu'en échange d'une compensation financière nous sommes prêtes à ouvrir les cuisses, autrement dit nous sommes des putes.

Affligeant.

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23 août 2008

Sketch

Voici un sketch de Julie Ferrier qui me fait beaucoup rire  : la prof d'arts plastiques! Enjoy!

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21 août 2008

J'abhorre l'équitation

Si vous êtes comme moi et que vous ne boy/girlcottez pas les JO, vous pouvez voir sur vos écrans des épreuves d'équitation.

Je déteste ces exercices de soumission ridicules, où l'homme doit prouver son statut de dominant sur l'animal. Tu m'étonnes que certains deviennent fous et projettent les cavaliers au sol.  Sautez les vous-même vos putains d'obstacles et laissez les chevaux tranquilles...

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Perles trouvées sur le net

Salut mes poux!
En surfant ça et là sur la toile, je suis tombée sur quelques perlounettes, des trésors j'ai envie de dire. Je ne pouvais pas ne pas vous les offrir!

Sur un forum contraception:

« Quand un homme (ou un gland c'est pareil) s'approche de toi, serre les genoux le plus fort possible. Pas de risque d'oublis de pilule, pas d'accident,
l'abstinence est sure a 100% et remboursé par la sécu vu son faible cout. Prends tes responsabilités. »
Par contre lui ne remet pas en question le fait de sortir ou non son engin. De plus, il résume l'homme à un gland, et du coup se dénigre tout seul et il ne s'en rend même pas compte!

Sur Yahoo Q/R, en rapport avec le féminisme:

"Une femme a des différences que nous adorons et surtout qu'elles ne doivent pas changer et les féministes s'attachent au final à être de vrais mecs et en finissent par nier ces différences!!! à mon avis elles sont pas très bien dans leur peau et on des compte à régler avec les hommes, pour beaucoup d'entre elles je pense que ça fait longtemps qu'elles n'ont pas vu le loup..."  C'est sûr qu'avec une bonne vieille bite on est tout de suite mieux dans sa peau, un zgeg et ça repart...

Ecrit par une femme:

"Dans l'absolu, c'est un plus, dans le concret un vrai désastre..mon mari me reprochait souvent de passer mon temps a m'occuper de mes enfants et de ma maison, il me citait souvent les femmes de ses amis qui arrivaient a conjuguer les 2...un jour j'en ai eu marre et je me suis mise a travailler..effectivement j'ai eu plus d'indépendance financière, plus d'autonomie, mais aussi plus de cernes et de fatigue....resultat, je me suis vite sentie debordee ce qui a engendre beaucoup de tension...si une femme se bat pour etre l'egale de l'homme, elle perd son temps et son energie...elle n'a pas besoin de prouver son egalite puisqu'excepte le domaine physique, elle surpasse l'homme sur quasiment tous les points, si elle se bat pour s'affirmer, elle, la, pas de mal tant qu'on ne se trompe pas a la maison sur qui est le mec et qui est la femme!"   
Encore plus incohérent ça existe? Attention, surtout ne pas confondre l'homme et la femme au sein du foyer, si la femme regarde le foot pendant que l'homme fait la vaisselle ça peut porter à confusion.

Là, un homme pose sérieusement la question suivante : Ne pensez-vous pas que le féminisme, genre Chiennes de garde, est responsable de tous les maux actuels de la société? Il explique ce qu'il en pense :

"Je sais pertinemment que certaines femmes, vont se sentir une fois de plus agressées, néanmoins mesdames et pourquoi pas messieurs répondez objectivement, si c'est possible donnez votre âge il est forcément significatif, pour moi le constat de la société est catastrophique, et je rend responsables ces femmes qui veulent copier ce qu'il y a de pire dans la nature des hommes, à mon avis elles prêchent pour une liberté de moeurs qui est contre nature, elle engendre des enfants et se fichent de la suite, familles recomposées, souvent solidude, je les tiens pour responsables aux risque de déplaire de l' homosexualité grandissante des générations actuelles et à venir qui si ne condamne pas cette déviation, je trouve que ce n'est tout même pas un espoir pour l'avenir de humanité.
Je ne suis pas un modèle néanmoins, j'ai 65 ans, je vis avec une femme libre depuis quarante deux ans, j'ai 2 enfants et 5 petits enfants et je l'ai toujours respectée et encouragée à se considérer comme mon égale."

Bien sûr, si certains gars sont pédés, c'est de notre faute! Et si les familles se décomposent c'est uniquement du ressort des femmes c'est évident. Les hommes ne jouent absolument aucun rôle dans la conception des enfants, et dans la dislocation des familles.


De pire en pire...

"Bonjour ,Volubilis Féminité.... c'est une raison d'être "importante" ; dans un monde de maintenant en France c'est du speed a fond, pas le temps de sourire de dire bonjour etc...depuis 10 ans je vis a Saigon je trouve les femmes très jolies, très élégantes très féminines surtout si elles portent un Ao Gai robe traditionnelle (chinoise si vous le voulez) elle sont top..Vous devinez les formes du corps sans les voir la c’est beau et ça vous donne des envies"

Donc, quelles que soient nos préoccupations existentielles on doit passer notre temps à sourire et à rouler du cul. Tout ça pour donner des envies à des gros cons libidineux. Quel beau destin...

Posté par Je_mexprime à 15:47 - Féminisme - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 août 2008

Ce n'est qu'un au revoir!

Je m'absente quelques jours, je ne pense pas avoir la possibilité de poster, donc je vous dis à bientôt!

Posté par Je_mexprime à 17:11 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

King Kong theorie

Je ne pouvais pas ne pas parler de l'essai de Virginie Despentes dans ce blog. Dire que ce livre a bouleversé ma conception du féminisme n'est pas exagéré. Sur la route qui m'a conduit vers le féminisme j'avais croisé des ouvrages tels que Le corset invisible d'Eliette Abecassis et sur le coup je pensais que ce genre de bouquins  servaient la cause féminine, naïve que j'étais.
Et puis j'ai découvert King Kong theorie, et tout a changé!

Je préfère vous en livrer quelques extraits, plutôt qu'une analyse personnelle qui risquerait d'être mal interprétée ou de dénaturer la force de ce texte:

"Depuis quelques temps en France, on n'arrête plus de se faire engueuler, rapport aux années 70. Et qu'on a fait fausse route, et qu'est ce qu'on a foutu avec la révolution sexuelle, et qu'on se prend pour des hommes ou quoi, et qu'avec nos conneries on se demande où est passée la bonne vieille virilité, celle de papa et du grand-père, ces hommes qui savaient mourir à la guerre et de conduire un foyer avec une saine autorité. Et la loi derrière lui. On se fait engueuler parce que les hommes ont peur. Comme si on y était pour quelque chose. C'est tout de même épatant et pour le moins moderne, un dominant qui vient chialer que le dominé n'y met pas assez du sien..."

"Jamais aucune société n'a exigé autant de preuves de soumissions aux diktats esthétiques, autant de modifications corporelles pour féminiser un corps. En même temps que jamais une société n'a permis la libre circulation corporelle et intellectuelle des femmes. Le sur-marquage en féminité ressemble à une excuse suite à la perte des prérogatives masculines, une façon de se rassurer, en les rassurant. "Soyons libérées mais pas trop. Nous voulons jouer le jeu, mais nous ne voulons pas des pouvoirs liés au phallus, nous ne voulons faire peur à personne."

"Dans le même ordre d'idée, la maternité est devenue l'expérience féminine incontournable, valorisée entre toutes : donner la vie, c'est fantastique. La propagande "pro-maternité" a rarement été aussi tapageuse. Foutage de gueule, méthode contemporaine et systématique de la double contrainte : "Faites des enfants, c'est fantastique vous vous sentirez plus femmes et plus accomplies que jamais" mais faites le dans une société en dégringolade , où le travail salarié est une condition de survie sociale, mais n'est garanti pour personne, et surtout pas pour les femmes. Enfantez dans les villes où le logement est précaire, où l'école démissionne, où les enfants sont soumis aux agressions mentales les plus vicieuses, via la pub, la télé, internet, les marchands de soda et confrères.  Sans enfant, pas de bonheur féminin, mais élever des gamins dans des conditions décentes sera quasi-impossible. Il faut, de toutes façons que les femmes se sentent en échec. Quoi qu'elles entreprennent, on doit pouvoir leur démontrer qu'elles s'y sont mal prises."

"Les hommes dénoncent avec virulence injustices sociales ou raciales, mais se montrent indulgents et compréhensifs quand il s'agit de domination machiste. Ils sont nombreux à vouloir expliquer que le combat féministe est annexe, un sport de riches, sans pertinence ni urgence. Il faut être crétin ou salement malhonnête, pour trouver une oppression insupportable et juger l'autre pleine de poésie."

A propos du viol : "Car il faut être traumatisée d'un viol, il y a une série de marques visibles qu'il faut respecter : peur des hommes, de la nuit, de l'autonomie, dégoût du sexe et autres joyeusetés. On te le répète sur tous les tons : c'est grave, c'est un crime, les hommes qui t'aiment, s'ils le savent, ça va les rendre fous de douleur et de rage (c'est aussi un dialogue privé, le viol, où un homme déclare aux autres hommes : je baise vos femmes à l'arraché.) Mais le conseil le plus raisonnable, pour tout un tas de raisons, reste "garde ça pour toi".  Etouffe, donc, entre les deux injonctions. Crève, salope, comme on dit. Alors le mot est évité. A cause de tout ce qu'il recouvre. Dans le camp des agressées, comme chez les agresseurs on tourne autour du terme. C'est un silence croisé."

Par rapport aux critiques de son film "Baise moi" : " "Papy intervient, ciseaux en main, et il va me la rectifier, ma bite mentale, il va s'en occuper des filles comme moi. Et de citer Renoir : "les films devraient être faits par de jolies femmes montrant de jolies choses". Ca me fera au moins une idée de titre. Sur le coup c'est tellement grotesque que je rigole. C'est par la suite que je change de ton, quand je réalise qu'on me tombe dessus de tous  côtés en ne s'occupant que de ça : c'est une fille, une fille, une fille. J'ai une chatte en travers de la gueule."

"Etre complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu'un bellâtre a à raconter. Bavarder est féminin. Tout ce qui ne laisse pas de trace. Ce qui est domestique, se refait tous les jours, ne porte pas de nom. Pas les grands discours, les grands livres, pas les grandes choses. Les petites choses. Mignonnes. Féminines. Mais boire : viril. Avoir des potes : viril. Faire le pitre : viril. Gagner plein de thunes : viril. Avoir une grosse voiture : viril. Se tenir n'importe comment : viril. Ricaner en fumant des joints : viril. Avoir l'esprit de compétition : viril. Etre agressif : viril. Vouloir baiser avec plein de monde : viril. Répondre avec brutalité à quelque chose qui vous menace : viril. Ne pas prendre le temps de s'arranger le matin : viril. Porter des fringues parce qu'elles sont pratiques : viril. Tout ce qui est marrant à faire est viril, tout ce qui permet de survivre est viril, tout ce qui fait gagner du terrain est viril."

Après avoir parlé des femmes qui ont traversé l'histoire et ont vécu l'oppression des hommes : "D'où cette proposition simple : allez tous vous faire enculer, avec votre condescendance à notre endroit, vos singeries de force garantie par le collectif, de protection ponctuelle ou vos manipulations de victimes, pour qui l'émancipation féminine serait difficile à supporter. Ce qui est difficile c'est encore d'être une femme et d'endurer toutes vos conneries. Les avantages que vous tirez de notre oppression sont en définitive piégés. Quand vous défendez vos prérogatives de mâles, vous êtes comme des domestiques de grands hôtels qui se prennent pour les propriétaires des lieux... des larbins arrogants, et c'est tout."

"Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'échangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air. Sur ce, salut les filles, et meilleure route..."

Posté par Je_mexprime à 15:39 - Féminisme - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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