Tergiversations d'une herbivore à tendance sociopathe

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22 novembre 2008

Quand le tiers-monde nourrit nos vaches

Alors que des millions de gens meurent de faim, de vastes régions du Tiers-Monde sont utilisées pour l'élevage du bétail ainsi que pour la culture du grain destiné à l'engraisser avant qu'il ne soit mangé en Occident. Il faut 7 millions de tonnes de céréales pour ne produire qu'un million de tonnes de viande. Il faut environ 10 kilos de protéines végétales pour produire 1 kilo de protéines animales sous forme de viande de boeuf. Un tiers des récoltes mondiales de céréales est destiné au bétail, d'où un gâchis de ressources alimentaires considérable.
De plus, les petits paysans du Tiers Monde sont expropriés par les milices des multinationales et les forces gouvernementales, la logique ultralibérale passant avant la sécurité alimentaire des populations locales. Ainsi, les populations meurent de faim alors que leurs propres terres sont exploitées par de grosses entreprises capitalistes. C'est le cas par exemple de l’Éthiopie qui produit du bœuf pour l’exportation. Les bœufs sont nourris avec des céréales qui font cruellement défaut aux populations locales. Cette aberration existait même pendant les grandes famines.

                              Tiers_monde

D’autres pays pratiquent à tort l’exportation déséquilibrée de leur grain vers l’Occident. Le Brésil, par exemple, exporte le quart de son soja pour des animaux de ferme.

Mais ce gâchis de protéines n’existe pas que dans les pays pauvres. Pour alimenter leurs animaux d’élevage, les États-Unis utilisent 160 millions de tonnes de grains c'est à dire 70% de leur production nationale. Et pourtant, toutes les prévisions s’accordent sur le fait que les céréales ne seront bientôt plus produites en quantité suffisante pour la population humaine. Chaque jour, 50000 enfants meurent de faim dans le monde. Produire un kilo de viande de bœuf nécessite 16 kilos de céréales, lesquelles seraient directement consommables.

Article piqué à Caro!

Posté par Je_mexprime à 17:42 - Végétarisme et antispécisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 novembre 2008

Débat type Végé-Omni!

Piqué sur l'excellent blog d'insolente veggie!


"Au cours de mes tribulations sur internet, j’ai observé que les débats relatifs au végétarisme ou à la protection animale se ressemblent tous. J’ai donc pris de mon temps pour vous livrer une synthèse de ce qui va se passer au cours de la conversation.

Une personne va lancer un débat sur le végétarisme (ou la protection animale), peu importe que cette personne soit pour ou contre, et peu importe le contenu du premier message.


Un végétarien va intervenir pour dire qu’en effet, il est végétarien, et qu’il se porte bien.

Un non-végétarien va dire qu’il est ridicule d’être végétarien, puisque l’homme a toujours mangé de la viande.

Le végétarien va lui dire que l’ancienneté d’une tradition n’est pas gage de sa moralité, et qu’en effet, on a toujours pratiqué le meurtre, l’excision, et la discrimination.

Le non-végétarien va lui dire qu’il est choquant de comparer le meurtre et la viande, puisque dans un cas, on tue, mais que dans l’autre cas, euh, eh bien, on tue aussi, mais c’est qu’un animal.

Le végétarien va dire qu’à certaines époques, on tuait des gens, parce que ce n’étaient que des noirs.

Le non-végétarien va s’énerver car la comparaison entre l’animal humain et l’animal non humain est un tabou qu’il est dangereux de briser.

Un intervenant poste une photo de viande crue.

Divers "forumers" lui signalent gentiment que ça ne fait pas avancer le schmilblick.

Un non-végétarien va dire que de toute façon, les hommes préhistoriques mangeaient de la viande, et que donc, on doit en manger. Le végétarien va lui suggérer de s’habiller en peau de bête brute, de vivre dans une grotte et de tirer sa femelle par les cheveux puisque c’est ainsi que les hommes préhistoriques faisaient
(existe aussi en version: je mange de la viande parce que les lions mangent les gazelles).


Un non végétarien rappelle que l'homme est un omnivore. Le végétarien lui dit que ça ne dispense pas de faire des choix puisque l'homme peut s'adapter à un régime végétarien, et ajoute que bien que le non-végétarien ait des jambes, il a quand même une voiture ou un vélo et qu'il n'est pas si attaché que ça à son état de nature finalement.

Un non-végétarien va dire que de toute façon, il faut manger des protéines, un végétarien va lui expliquer qu’on trouve des protéines ailleurs que dans la viande, et surtout dans les céréales et légumineuses.

Le non-végétarien va demander une source.
Le végétarien la lui donne sous forme de lien.
Le non-végétarien conteste la fiabilité de la source.
Le végétarien lui donne une dizaine d’autres sources.
Le non-végétarien conteste la fiabilité de toutes les autres sources.
Le végétarien demande au non-végétarien de lui fournir une source prouvant qu’il est impossible de manger équilibre en étant végétarien.
Le non-végétarien ne peut pas la fournir mais précise que sa belle-sœur était secrétaire dans un cabinet de diététique et qu’il sait de quoi il parle.


Un non végétarien dit que la preuve que les végétariens ont des carences, c'est que tous les végétariens qu'il connait ont un teint très blancs et sont fatigués. Un végétarien lui demande combien de végétariens il connait exactement, où il les a rencontrés, et s'il y a moyen de les contacter. Le non végétarien disparait de la conversation.

Un non-végétarien signale aux végétariens que les carottes crient quand on les coupe.

Les végétariens lui font un cours accéléré de biologie des systèmes nerveux, et lui suggèrent de devenir végétarien s’il se soucie vraiment de la souffrance des plantes, puisqu’il faut en effet beaucoup de plantes pour nourrir la viande qu’il mange.

Le non-végétarien dit que les végétariens essaient de le convertir.

Les végétariens disent qu’en effet , il serait bon que l’on mange globalement moins de viande, la production de celle-ci étant extrêmement polluante et affamant les pays les plus pauvres.
Le non-végétarien demande une source.
Le végétarien la lui donne sous forme de lien.
Le non-végétarien conteste la fiabilité de la source.
Le végétarien lui donne une dizaine d’autres sources.
Le non-végétarien conteste la fiabilité de toutes les autres sources.
Le végétarien demande au non-végétarien de lui fournir une source prouvant que la production de viande n’est pas néfaste pour l’environnement.
Le non-végétarien ne peut pas la fournir mais précise que son beau-frère est chauffeur au ministère de l’environnement et qu’il sait de quoi il parle.

Un non-végétarien croit le végétarien mais dit que ce problème est un problème de production, que c'est l'industrie qui est mauvaise, mais que ce n'est pas sa faute à lui si il y a un problème dans la production. Un végétarien lui explique le système de l'offre et de la demande.

Un non-végétarien va dire que de toute façon, la vie d’un animal ne vaudra jamais celle d’un homme.
Un groupe de végétariens se lance dans une réflexion philosophique sur la valeur de la vie et laisse les non-végétariens en plan.


Un anti-végétarien débarque et dit que les végétariens ont tous des carences.
Un végétarien le renvoie gentiment à la première page au moment ou la conversation parle de nutrition.


Un non végétarien va dire qu’on ferait mieux de s’occuper des enfants qui crèvent de faim plutôt que des conditions de vie des poulets en batterie.
Un végétarien lui explique par a+b que le végétarisme est une façon efficace de lutter contre la faim dans le monde.
Le non-végétarien s’énerve, culpabilise, et demande une source (voir ci-dessus).


Un intervenant lance le débat sur l'antispécisme. Rapidement, le point Godwin est franchi.


Un intervenant dit que rien ne vaut une bonne entrecôte bien saignante.
Un végétarien lui demande s’il ne trouve pas que la gourmandise pèse peu face aux problèmes environnementaux crées par la consommation de viande.
Le non végétarien dit que de toute façon, le végétarien n’est pas parfait (recycle t’-il ses déchets ? roule t’-il en voiture ?) et qu’il n’a pas de leçon à lui donner, et que de toute façon, on leur interdit tout, fumer, boire, et maintenant la viande ? Ah non c’est pas possible.


Un intervenant corrige les fautes d’orthographe de tous les autres.
Un intervenant opposé engueule celui qui corrige les fautes d'orthographe.
Un opposant à l'opposé corrige les fautes d'orthographe de l'opposé.


Un troll met en relation végétarisme et anorexie, et il sait de quoi il parle, car sa cousine, qui est végétarienne (elle ne mange que du blanc de poulet) a fini par devenir anorexique.


Un intervenant dit que c’est bien joli, mais qu’il faut de la viande pour être fort, d’ailleurs, regardez les sportifs, ils ne sont pas végétariens.
Un végétarien lui fournit une liste des plus grands champions végétariens et végétaliens.


Un non-végétarien dit que lui, de toute façon, il n’est pas concerné, puisqu’il consomme exclusivement la viande de la ferme de sa mamie sur laquelle il habite (la ferme, pas la mamie).
Le végétarien lui dit que ce serait très bien, si seulement c’était vrai.
Un non-végétarien dit que de toute façon, il est trop pauvre pour être végétarien. Le végétarien lui rappelle que c’est la viande qui coûte cher.

Un non végétarien explique qu’Hitler était végétarien. Un végétarien dément à grand renfort de liens historiques chiants qu’on ne lira pas, et explique qu’en revanche, Einstein et Léonard de Vinci étaient biens végétariens.
Débat sur le QI d’Einstein, et ses théories simplistes probablement dues à son végétarisme.


Un végétarien hypersensible débarque et dit que c’est dégueulasse et monstrueux de faire subir des tortures aux animaux pour le simple plaisir alimentaire. Levée de boucliers des non-végétariens qui tiennent enfin leur preuve que les végétariens sont des extrémistes, et démenti gêné de la plupart des végétariens du forum qui disent comprendre les réactions des deux côtés.


Un pesco-végétarien arrive et se fait engueuler par les deux parties, parce qu’il mange du poisson et se dit végétarien ou parce qu’il ne mange pas de viande. Un intervenant dit qu’effectivement, les végétariens mangent du poisson, alors que les végétaliens n’en mangent pas. Un végétarien et wikipédia remettent les points sur les « i ».


Un non-végétarien va dire que le soja est mauvais pour la santé et l’environnement, un végétarien va lui dire que s’il a des craintes de ce côté-là, il peut arrêter de manger de la viande, puisque les animaux sont souvent nourris au soja qui a poussé sur ce qui fut la forêt amazonienne.


Un végétarien va dire que le végétarisme est une forme de décroissance alimentaire.
Un intervenant va demander ce qu’est la décroissance.
Un non végétarien va dire que c’est pas écolo de manger du tofu importé d’Asie. Le végétarien va lui apprendre qu’on produit du tofu en France, et demande au non-végétarien s’il mange de l’agneau de Nouvelle-Zélande, du bœuf du Chili, du café, et des bananes.

Un vegan vaporeux et poétique poste une phrase que personne ne comprend.

Un non végétarien insinue un manque d’activité sexuelle chez les végétariennes. Une végétarienne lui fait le coup de la B12, ce qui fait rire les autres végétariens mais pas les non-végétariens puisqu’ils ne savent pas ce qu’est la B12, ni le « coup de la B12 ».


Un non végétarien s’indigne du fait que les végétariens se croient toujours plus intelligents. Entrant dans son jeu, un végétarien lui poste plusieurs articles relatant les liens entre végétarisme et QI.
Le non-végétarien va dire que de toute façon, pour les végétariens, ils ne sont que des bouffeurs de cadavre. Le végétarien va lui demander s’il mange directement la viande sur le dos de l’animal vivant, et lui dit que dans le cas contraire, en effet, il mange bien du cadavre.

Un non-végétarien comprend le "coup de la B12" et essaie de brancher une végétalienne.

Un intervenant poste une photo de viande crue. Tout le monde lui signale qu’on leur a déjà fait le coup.
Un végétarien poste Earthlings. Un non-végétarien prétend que la vidéo est truquée. Tout le monde culpabilise et  s’énerve.


Un modo intervient pour dire à tout le monde de se calmer.

  N’ayant pas lu le début de la conversation, un non-végétarien rappelle que les salades souffrent quand on les arrache. Les MP des végétariens explosent car ils avaient tous parié sur le prochain qui ferait le coup du cri de la carotte. Les végétariens se foutent quand même un peu de la gueule du crieur de carottes sur le forum, mais celui-ci ne comprend pas le truc et croit avoir cloué le bec aux bouffeurs de carottes.   Un non végétarien dit que de toute façon, la bouffe végétarienne est dégueulasse. Un végétarien poste un lien vers un blog de cuisine. La moitié des lecteurs du forum se fait un plat végétarien le soir même.   A court d’arguments, un non-végétarien va dire que les végétariens ne font rien qu’à faire du prosélytisme et de la propagande, et que pour eux c’est de l’intolérance extrémiste.

Un végétarien va expliquer qu’il ne s’agit pas de propagande mais d’information, et que chacun est libre d’en tirer les conséquences, et que l’extrémisme ne se trouve pas du côté des végétariens mais du fanatisme de l’industrie de la viande qui tue des milliards d’animaux et pollue à tout va en affamant les pays pauvres. 

A 18h, les employés rentrent chez eux, le débat se tasse.

Et, tel l’ampoule, six mois plus tard, un couillon répond au post initial sans relire la conversation et relance tout le truc."


Pour avoir moi-même suivi des discussions sur le sujet, je dois dire que c'est assez réaliste!

Posté par Je_mexprime à 16:10 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 novembre 2008

Interview de Moby (Vegmag)

Voici l'interview du chanteur Moby, qui se trouve être vegan en plus d'être un artiste reconnu!
Interview recueillie par le magazine Vegetariens Magazine. (J'ai coupé quelques morceaux)

"Vegan depuis dix-huit ans et végétarien quatre ans avant cela, Moby utilise un langage clair allant droit au but dans sa musique et contribue à sa façon au mouvement de défense des animaux. Ses convictions sont clairement affichées dans son album "Animal Rights", à la sonorité punk rock, sorti dans les bacs en 1996, mais aussi dans son album "Play", meilleure vente en 1999, dont le livret détaille la morale, l'éthique de vie, liée au végétalisme. Avec son dernier opus "Hotel", Moby est en tournée une fois de plus, et ce afin de promouvoir sa musique mais aussi ses valeurs éthiques. Il nous a accordé un peu de son temps pour discuter de la vie sur la route, du veganisme, de Teany et aussi des questions plus existentielles.

Contrairement aux autres célébrités vegan qui ne l‘affichent pas, une part importante de votre public partage votre
éthique de vie. Cela vous donne-t-il l’impression d’être observé, que les gens analysent chacun de vos mouvements plus qu’ils ne le feraient autrement ?

Moby : Il arrive très couramment qu'on me demande " Ça ne te manque pas de ne plus manger de steak ?" et je réponds "Non, pas du tout. De toute façon je n'ai jamais aimé le steak". La seule question qui me rend vraiment fou est quand les gens me demandent ce que je mange, vous savez bien : "Ah, tu ne manges pas de viande, ok, mais qu'est-ce que tu manges alors?!" Si tu vas au supermarché et que tu regardes autour de toi, que tu regardes cet amoncellement de nourriture qui y est vendu, tu constateras qu 'il y a seulement différents produits à base de viande, et un million de produits différents qui ne contiennent pas de viande. Eh bien je mange ces millions de choses qui ne contiennent pas d'animaux.

Lorsque vous regardez derrière vous, jusqu'à aujourd'hui, pensez-vous qu'être vegan a été significatif dans votre façon de voir le monde, au-delà de ce que vous portez ou mangez ?

Moby : Je crois que c'est le meilleur choix que j'aie jamais fait, et ce pour un tas de raisons. Lorsque je suis devenu vegan il y a plusieurs années, je l'ai fait parce que cela me semblait être la bonne chose à faire, tout simplement.
Mais aujourd'hui, avec le recul, tout ce que cela peut englober ou représenter est immense du point de vue de la santé, du point de vue de la conscience des choses, d'un point de vue environnemental, et également d'un point de vue de culpabilité. Tous mes amis qui mangent de la viande se sentent obligés de se lancer dans un raisonnement, de se justifier chaque fois qu'ils introduisent un morceau de viande dans leur bouche. On voit qu’au fond d’eux, ils sont très troublés par ce qu’ils sont en train de faire, vous savez, certains d'entre eux sont préoccupés par ce qu'ils font. C’est pourquoi lorsque vous parlez à des mangeurs de viande et que vous leur demandez de regarder une video montrant ce qu’il se passe dans les abattoirs, ils vous répondent tous automatiquement : «non». Il y a une attitude défensive et une ignorance volontaire chez les gens qui mangent de la viande et c’est bien de ne pas avoir à se complaire dans ça.

Dans une interview récente, vous avez comparé la culture de la satisfaction immédiate que représentent le téléchargement et le culte de la célébrité à la junk food américaine. Pensez-vous que votre veganisme fait partie plus largement d’une façon d’être au monde qui favorise un rapport plus direct et plus profond avec lui ?

Moby : Encore une fois, les gens choisissent de devenir végétalien pour tant de différentes raisons. Certains de mes amis sont végétaliens pour des raisons purement éthiques -pour les droits des animaux- et mangent plus de junk food que le camionneur américain typique ! J'ai des amis qui sont des vegans punk, et je suis souvent dégoûté de certaines choses qu'ils mangent.
Et ils consomment tous ces tout nouveaux produits vegan.

Tout ce que nous faisons en ce monde moderne a un aspect négatif, donc ?


Moby
: Ah oui ! C’est la face cachée du monde dans lequel nous vivons. Nous sommes tellement déconnectés des moyens de production de quasiment tout ce qui arrive dans nos vies. Et tout ce qui est produit l'est fait de manière non éthique. Mais il faut remettre cela en perspective, les choses semblent s’améliorer. Il y a tellement de travail à faire et beaucoup de chemin reste encore à parcourir mais les gens sont tellement plus conscients du végétarisme, du végétalisme, et des droits des animaux qu'il y a dix ou vingt ans. Cela peut être décourageant de se rendre compte du travail qu'il reste à faire, mais il est bon de temps en temps de se féliciter sur nos petites avancées, sur tout le travail que nous avons déjà fait.

Posté par Je_mexprime à 18:09 - Végétarisme et antispécisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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