02 mai 2009
Grippe porcine
"Grippe porcine : et si on parlait du fond ?
Je préfère m’interroger sur les décès et la propagation. Drame
humain que la perte de personnes liée à une grippe. On parle de pas
loin de 200 personnes à priori. Le problème se situe dans le fait que
l’on meurt au Mexique et pas ailleurs. L’explication est assez simple :
l’accès à la nourriture, aux soins et à la santé. Car,
et cela est démontré par le fait que le même virus impact d’un côté et
de l’autre de la frontière, soit aux USA* et au Mexique, il n’est mortel
que dans la « partie pauvre » du Mexique. Et pas n’importe laquelle :
celle où l’industrie industrielle du porc a été mise en surexploitation
pour couvrir le marché américain (du nord) et européen à moindre coût. C’est
bien une fois de plus un drame de la concentration animale en vue du
profit maximal et de la pauvreté. Tout comme la grippe aviaire. Cette
logique d’industrialisation du monde et de la course aux prix toujours
plus bas (surtout par pression sociale et maintien des salaires au plus
bas) entraîne une course au moins disant environnemental et sanitaire.
Tirer sur les coûts à finalement un prix … En
concentrant les animaux dans des exploitations indignes de l’humanité
dont nous nous réclamons, nous ne faisons qu’aggraver le risque de
pandémie animale, et donc de pandémie humaine. C’est cela qui entraîne
des phénomènes comme celui que nous vivons aujourd’hui. Ajoutons
à cela la désorganisation voulue des systèmes de santé et d’éducation
des pays pauvres (merci le FMI à qui l’on vient de donner 1000
milliards pour jouer encore un peu), cela commence à donner les bases
solides d’une véritable poudrière virale. Les manques d’accès aux soins
et à l’hygiène facilitent la propagation, voir la rendent encore plus
rapide. Au lieu
de faire le procès des inégalités de traitement de l’humanité, nos
chers penseurs de l’économie mondiale font aujourd’hui une sorte de
« haro sur le cochon » et donc une mise en accusation du Mexique. Mais
n’est ce pas un peu risible de se dire que d’un côté la situation
mexicaine est voulue, pensée et que de l’autre, quand elle devient
dérangeante, elle serait le fait des éleveurs mexicains uniquement ! Sans
réel système de santé pour tous, sans une réflexion plus poussée sur
nos modes d’élevages animaliers, sans une réelle remise en question des
régimes alimentaires des pays riches, nous allons vers la mise en
danger de tous, non pas seulement par un risque de pandémie, mais aussi
par la déshumanisation constante et l’abomination sociale. Il est temps de poser le problème pour le résoudre à la source plutôt que de chercher une solution palliative mais inadéquate. *le 28/04 - 20 cas détectés sans décès (AFP)" Article trouvé ici
Loin de moi l’idée dans cet article de parler uniquement de
pandémie, de risque pour l’humanité ou autre. Pas que je ne pense pas
que cela ne puisse se produire, mais plus parce que je préfère attendre
de voir évoluer les choses avant de hurler avec les laboratoires
pharmaceutiques.
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